Barbara Christol
In Situ
Blue Presence
2026 – Newburgh & New York, États‐Unis
Blue Presence a été créé pour l’exposition CODE GIRL à la Pictorial Foundation de Newburgh, consacrée à la visibilité des femmes dans l’espace public. Conçu à partir d’une pièce monumentale préexistante, l’ouvrage est entièrement détissé pour pouvoir voyager, puis retissé sur site à partir de la laine bleu ciel Bergère de France, matériau récurrent dans la pratique de Barbara Christol depuis plus de vingt ans. Ce geste textile quotidien, historiquement associé au travail féminin, devient ici un acte réversible, où la matière retrouve sa forme première avant de se déployer à nouveau.
Pendant une semaine précédant l’exposition, puis durant le vernissage et les premiers jours d’ouverture, l’artiste retisse au bras cette matière transformée, réactivant le geste dans un nouveau contexte. Dans l’espace de la Pictorial Foundation, l’installation se déploie comme une rivière bleue, suspendue puis étendue au sol au milieu du public, en écho direct à l’Hudson River qui traverse Newburgh et façonne l’identité du lieu. Cette présence fluide, non intrusive, génère échanges, rencontres et aides spontanées, affirmant une autre manière d’occuper l’espace public : active, douce, persistante.
Le projet renverse la figure de Pénélope : ici, l’artiste devient Ulysse, initiant le voyage tandis que la matrice du tissage demeure à Newburgh. Après le vernissage, une partie de l’œuvre est à nouveau détissée puis retissée différemment, tandis que l’autre circule dans New York pour une série d’activations dans des lieux emblématiques (ponts, bancs, métro, MET…) prolongeant la narration et questionnant la visibilité féminine dans la ville.
Chaque activation ne laisse qu’une trace photographique, tandis que la laine conserve la mémoire des lieux traversés et des rencontres. Blue Presence devient ainsi un fil de circulation et de transmission, reliant territoires, corps et récits.
"Tisser la couverture à soi"
« Tisser la couverture à soi »
Installation/performance dans le cadre de la 3e édition des Hors-Lits de Pézenas. Durée 20 min.
Installation éphémère et immersive flirtant avec la performance, « Tisser la couverture à soi » se positionne comme contrepied de l’expression « tirer la couverture à soi ». Le tissage est une pratique du lien et « Tisser la couverture à soi » invite le spectateur à envisager la création sous l’angle de la connexion avec autrui, mais également à envisager les liens intimes que le geste artisanal entretient avec la création plastique contemporaine.
Initiée pour la 3e édition des Hors-Lits de Pézenas prévue en mars 2020, « Tisser la couverture à soi » est une installation devenue invasive pendant le confinement, où la couverture envahit l’espace laissant place à une sensation ambivalente d’inquiétante étrangeté où l’absurde règne…
***
Créé en 2005 par Léonardo Montecchia, le réseau « Hors Lits » organise des soirées qui s’inscrivent dans une démarche de réécriture sensible de l’intime en ouvrant des espaces alternatifs entre artistes, habitants et spectateurs. Ces événements proposés en appartements se développent et s’exportent dans plusieurs villes, sous forme de « rhizomes » d’artistes rassemblés autour d’un concept commun : un parcours citadin guidé durant lequel les participants visitent 4 appartements habités chacun par un acte artistique de 20 min.
Spider Project
Spider Project est un projet à tiroirs englobant des recherches théoriques et plastiques autour des notions de jeu et d’espace transitionnel.
Initiées dans les années 2000 autour d’installations ludiques mettant en scène de façon récurrente un objet transitionnel – un lapin en peluche bleu ciel, doudou d’enfance de Barbara Christol- ces recherches se sont mues au fil des décennies en une pratique de la performance tissée répondant aux contraintes de voyages de l’artiste seule à travers le monde (légèreté du matériau, invasion rapide de l’espace, charge affective de la pelote permettant d’entrer facilement en contact avec les populations sur place, notamment les femmes andines) et suivant la règle du jeu imposée suivante :
1 – toujours utiliser la même laine fétiche (56 pelotes couleur bleu ciel « Teddy » de la marque Bergère de France, rappelant la couleur et texture du doudou),
2 – ne jamais couper la laine,
3- ne pas modifier le lieu, la trace de la toile est uniquement photographique.
